Wiki Nos imaginations
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Palamède. On te hais.

Je vous explique, les mecs : avant que ces rageux de la vie viennent me chercher pour résoudre leur problème de meuf, j'avais été tranquille sur mon île. Elle avait été cool cette île. Je veux dire avant que je parte et que d'autres y foutent le bordel...

Ithaque, ça avait été génial mais pas genre avec des palmiers et du sable mais avec mon gosse et ma femme et il y a rien de mieux au monde.

Imagine, t'es pépère sur un transat au soleil et tu vois des voiles de trirèmes prêts à faire la guerre et qui viennent exprès te chercher (et te faire de l'ombre ! Comment veulent-ils que je bronze après...).

Là, j'ai tout de suite pensé : "Rien à battre, j'y vais pas !". Faites pas les innocents, vous auriez fait pareil !

J'ai couru le plus vite possible me cacher. Pénélope, ma femme, qui m'a vu partir en hurlant comme un taré, m'a retrouvé en PLS dans la cuisine. Elle m'a regardé en mode "qu'est-ce que j'ai fait pour avoir un mari comme ça ?".

« Allez ! Arrête de chouiner, Ulysse et lève-toi tout de suite ! Non mais regarde-toi ! »

Elle prit sa tête entre ses mains, l'air désespérée.

« Et ça se prend pour un roi... »

J'ai voulu me redresser mais je me suis cogné à la table de la cuisine. Adieu dignité...

« Aïeuh ! Fichue table ! j'ai marmonné. Écoute chérie, regarde dehors. »

La reine d'Ithaque leva les yeux aux ciel puis jeta un coup d'œil par la fenêtre. Elle porta ses mains à sa bouche.

« Mes dieux ! Des étrangers ! Ils vont nous déclarer la guerre !

- Mais non ! C'est mes potes Mélé et Agam... T'sais ? Les rois de Sparte et de Mycène !

- Oh ! Et qu'est-ce qu'ils foutent ici ?

- Me chercher. T'sais ? Il y a Hélène qui a quitté Mélé pour ce paumé de Pâris, du coup il va chercher ses potes de toute la Grèce pour lui casser la margoulette.

- Personne ne part d'Ithaque et surtout pas son roi !

- Mais chérie, j'ai promis ! Je vais passer pour un gros faiblard ! »

Elle m'a regardé en pensant très clairement ça : "Mais tu ES un gros faiblard ! Enfin... plutôt maigre faiblard en fait..."

« Okay, tu bouges pas d'ici. »

Elle est partie dans notre chambre, revenue avec Télémaque, notre gosse, en larmes dans ses bras et est sortie dehors. Télémaque est un sale petit pleurnichard (ne me demandez pas de qui il tient...)!

Je me suis dit : "Ulysse, t'as un cerveau alors tu t'en sers." et là, j'ai eu une idée du turfus. Ça va être marrant ! Mais alors marrant comme quand Hermès il a volé le troupeau d'Apollon, quoi ! Pile pareil !

J'ai pris mon vieux chapeau de paille et du sel dans une sacoche usée et suis sorti par la porte de derrière. Je me suis dirigé vers deux vieux bœufs et une charrue rouillée. Je suis allé dans un petit champ abandonné car il était stérile, en faisant attention à ce qu'il soit bien visible de la plage.

Il a fallu que je fasse vite car ils avaient déjà jeté l'ancre. "Okay. J'ai des bœufs, du sel et une charrue. Reste plus qu'à charruer puis saler la terre et si ça se trouve ça se mange la terre salée. Qui sais ? J'ai une de ces dalles, moi ! "

Lorsqu'enfin ma Péné est arrivée avec Agamemnon, Ménélas et Palamède (mais qu'est ce qu'il fout là, ce type ?), ma femme a commencé :

« Ô grands rois ! Sachez qu'Ulysse a disp... elle s'est interrompu quand elle m'a vu. Euh... est devenu fou. »

Mélénas pressé de sauver son honneur détruit par un jeunot, a tourné les talons en disant :

« Oh ! Quel dommage ! Quel gâchis ! Bon. On y va, maintenant ? Va être au retard à la teuf ! » (teuf = guerre. Oui. Ça veut dire ça dans le langage "Ménélas". Pathétique, hein ?)

Ça aurait été gagné si ce vicieux de Palamède ne m'avait pas regardé avec ses yeux de... bah... de vicieux. Il a jeté un œil sur ma Péné et mon Télémaque et il a eu un sourire idiot (comme d'hab en fait...).  Il s'est précipité sur le bébé et l'a jeté par terre devant les sabots des bœufs. Alors, là, grand dilemme cornélien ! (Si, si ! Ça existe...) Ou je pars à la guerre avec ces deux hypocrites et ce fils de pu... de sa mère ou mon fils préféré (et unique) Télé meurt écrasé.

J'ai arrêté la charrue et enlevé (jeté par terre mais c'est pareil...) mon chapeau pas du tout rageur. Croyez-moi, un de ces quatre, je vais lui péter la gueule à ce maudit Palamède ! C'était aussi ce que pensait Pénélope qui a voulu se jeter sur le traître mais a été retenue par Mélé et Agam. Dire que j'ai cru que c'étaient mes potes... Je me suis mis en face de Palamède et je lui ai donné un coup de poing dans le ventre en mode thuglife. Il a suffoqué et je lui ai lancé un sourire sadique. J'ai pris mon fils et l'ai rendu à sa mère qui a simplement dit :

« Quel petite merde ce c****d de Palamède ! Bon, Ulysse, tu rentres pas trop tard genre vingt-deux heures max !

- T'inquiète ! Tu me connais !

- C'est justement ça le problème ! »

Je vous assure que Pénélope me fait totalement confiance. Enfin, je crois... Bref. J'ai regroupé mes troupes et un de mes soldats est venu me voir.

« Euh... Chef ? Je sais que je suis un petit soldat insignifiant...

- Yep! Et tu peux rajouter idiot aussi.

- Mais chef, on a la paix depuis que vous êtes sur le trône. Pourquoi entrer en guerre maintenant ?

- Regarde-moi dans les yeux, soldat insignifiant et idiot. C'est qui le patron ici ?

- Euh... vous, chef...

- Bien. Alors maintenant ferme ta gueule de soldat insignifiant et idiot.

- Bien chef !  »

J'ai soupiré. Le soldat a mit sa main afin de cacher sa bouche.

« Sinon chef, euh... C'est moi ou vous avez été battu intellectuellement ?

- Laisse tombé. Ce genre de chose te dépasse complètement...  »

Je me suis retourné ignorant complètement le garde.

« Salut Ulysse aux mille ruses ! » a dit une voix que je n'aurais pas voulu entendre.

À ce moment là, je n'ai pas du tout sursauté et je n'ai pas du tout laisser échapper un couinement qui rappelle celui d'un chien mourant.

« Que penses-tu de Palamède aux dix mille ruses ? Ça sonne bien, non ?

- Et toi ? Que penses-tu de mon coup de poing ? T'en reveux une ? Non, alors ferme ta gueule ! »

Il a éclaté de rire puis m'a regardé en mode : "tu fais grave pitié, vieux...".

« Alors ? Le grand Ulysse est vexé ? Il s'est fait dépasser ?

- Oh ! Fais pas ton relou Pala ! »


Ménélas a débarqué tranquillou en sifflotant suivi de Agamemnon (c'est hyper long à dire et à écrire  ce prénom ! Je vais garder Agam...) qui venait de parler.

« C'est vrai quoi ! Ne dit-on pas qu'Ulysse d'Ithaque est le plus heureux des hommes depuis qu'il a un fils ? »

Bien parlé Agam mais rien ni personne ne fait et fera jamais taire ce crétin de Palamède.

« N'empêche que je suis déçu ! On dit aussi qu'Ulysse est le plus rusé des hommes... Je m'attendais tellement à mieux...»

Là je lui ai refait mon sourire de sadique.

« Tu sais mon petit Pala, de nous deux n'est ce pas moi qui à ses soldats prêts à te maraver la tronche ? Tu ne voudrais pas me contredire quand, d'un seul geste de la main, je peux te faire tuer.»

Mes soldats se sont redressés et ont fait un salut militaire et certains ont même pointé leurs armes sur Palamède. Je savais même pas que je me faisais respecter par mon armée...

« Popopoooo ! » a hurlé Ménélas en me donnant une tape dans le dos.  « Wesh ! On s'ennuie jamais avec toi, poto !!! »

Je lui ai lancé un sourire inquiet puis je suis monté sur un de mes navires sans un regard en arrière. Bon. J'avoue. J'ai regardé mon île s'éloigner jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Adieu belle île d'Ithaque !

Chypre ? Ça craint de ouf !

Chypre. Première destination. Il parait que le roi de cette île veut pas aller à la guerre non plus. Je le comprends… Depuis que ce… cet idiot de Palamède m’a démasqué, il me lâche pas une seule seconde… Nan, mais, sans déconner ! Il veut pas se trouver une autre maman poule ? C'est pas la mer à boire ! (vous avez compris le jeu de mot ? Mais si… on est sur un bateau et tout, et tout…)

Toujours est-il qu'il y avait tout juste deux minutes Agam est venu me dire :

« Écoute, Ulysse, t'es bien gentil mais je peux pas te donner une place en tant que chef si tu fais pas tes preuves… »

Alors là, je me suis redressé et je l’ai regarder dans les yeux. Imaginez la scène, il y un gars qui fait deux fois la taille et qu’est trois fois plus musclé qu’un autre mec et les deux se préparent à se battre. Vous avez l’image ? Bien. Maintenant, mettons que le mec baraqué c’est Agamemnon et que le p’tit c’est moi.

« Écoute-moi Agam-machin. Tu demandes à moi, Ulysse aux mille ruses, roi d’Ithaque, descendant du divin Hermès donc de Zeus, de faire mes preuves, c’est bien ça ? »

Vous savez ce qu’il a répondu cet insolant ?

« Alors, de un, j’m’appelle Agamemnon et pas Agam-machin... Et de deux, oui et bouge ton cul s’te plaît… j’ai pas que ça à faire.

— Okay ! J’me grouille ! »

Quoi ! Je tiens à ma survie, moi ! Lorsqu’on est arrivé dans le port avec Pala, le roi de Chypre est venu nous accueillir en personne. Il a dit :

« Demain, partirons avec vous, cinquante de mes navires. »

Palamède a plissé des yeux, méfiant.

« Tu le jures sur le Styx ?

— Évidemment ! Je le jure sur le Styx.

— C’est bon Palamède ! Arrête un peu ton manège ! lui ai-je dis. »

Il m’a regardé en feignant l’étonnement.

« Pardon ? Je ne comprends pas…

— Tu fais ton relou ! Ça t’as pas suffit de m’humilier sous mon toit ? Il faut aussi que tu t’en prennes à mon pote, euh…

— Cinyras ! m’a informé le roi avec un sourire.

— Ouais ! C’est ça. »

Palamède a levé les mains en l’air en geste de soumission.

« D’accord, Ulysse. Pas de problème ! Mais tu viens pas pleurnicher après si tu obtiens pas ton poste de chef de Guerre… »

J’ai levé les yeux au ciel. Comme s’il s’inquiétait vraiment pour moi… je déteste Palamède ! Il a toujours su détecter les ruses et il ne dit jamais rien que pour nuire aux autres. Quel tocard !

Cinyras s’est montré très chaleureux. Il nous a offert un repas digne d’un roi ! (Euh, oubliez ; on EST des rois. Je voulais dire digne des dieux.) Même Palamède ne s’en ai pas plaint. C’est pour dire !

Ce vicieux fourrait son nez partout à la recherche de la moindre preuve contre la sincérité du pauvre roi de Chypre. Je lui ai souhaité bonne chance en riant ! Chose que je n’aurais jamais faite si je n’avais pas la gerbe ; le mal de mer permanent, vous voyez ? (Traduction : si j’étais pas bourré). Palamède a marmonné :

« Rira bien qui rira le dernier…

— Qua gui quoi ?

— Laisse tomber ! Tu devrais aller te dessoûler quelque part, tu me fous la honte…

— Qua gui quoi ?

— J’ai dit que tu devrais te barrer, tu pus l’alcool !

— Ch’uis pas, hic, ivre. Z’ai zuste l’mal de mer…

— C’est ça… on est sur terre, tu te souviens ?

— Baha… vou-ouais ! Tu ch-cherches les pro-pro-oblemes ? »


Je me suis mis à pleurer en appelant Pénélope et mes hommes ont été obligés de me ramener dans ma chambre que Cinyras m’avait attribué, sous le regard mi-moqueur mi-dégouté de mon camarade de voyage.

Évidemment, je n’ai aucun souvenir de ce moment là ! C’est le soldat bizarre qui m’a tout raconté… (vous vous souvenez de lui ?) Je lui ai demandai de garder ça pour lui en lui promettant une augmentation 10% de son assurance vie. C’est tout aussi évident qu’il n’est pas assuré, mais ça il ne semble pas s’en rappeler. Et c’est pas pour me déplaire ! Après un p’tit déj’ copieux, on a décidé de reprendre la mer. J’avais la gueule de bois et j’étais crevé. Avant de monter sur son propre navire, Palamède m’a glissé à l’oreille :

« Tu vas avoir une sacrée surprise… »

Je l’ai regardé sans comprendre. J’ai fais une bêtise qu’on m’a pas raconté hier soir ? Le prince de l’Eubée (Palamède) a haussé les épaules sans cacher son excitation. Ça faisait presqu’une heure qu’on attendait les bateaux promis par Cinyras. C’est alors qu’un beau trirème est sorti de la brume matinale. Il avait fier allure et on attendait déjà avec impatience les suivants. Seulement, il n’y eu pas de « suivants ». Enfin si, mais ils étaient cent fois plus petits. Ils tenaient dans la paume de ma main !

J’ai bugé. Palamède a éclaté de rire.

« Tu vois ? Il a tenu sa promesse ! »

***

« Non mais c’est une blague ? »

Agamemnon faisait les cent pas sur le pont. Palamède et moi, on se tenaient debout devant lui, l’un, la tête droite, indifférent, l’autre, la tête baissée, honteux.

« Quel lâche ce Cyniras ! Il a de la chance qu’on est pas le temps de s’occuper de son cas ! »

Il s’est tourné violemment vers nous.

« Et vous n’avez rien vu ?

— Non, Agamemnon. Je n’ai rien vu. a répondu Palamède. »

Je l’ai fusillé du regard. Évidemment qu’il l’avait vu ! Il m’a même prévenu. Palamède m’a jeté un regard.

« Et toi Ulysse ? Tu avais remarqué quelque chose ?

— Non… ai-je marmonné. Sinon on serai pas là, crétin… »

D’un geste de la main, Agam a congédié Pala. Il s’est assis sur une chaise en face de moi.

« Ulysse, Ulysse, Ulysse… a-t-il soupiré. Mais que va-t-on faire de toi ? »

J’ai laissé éclater ma fureur.

« C’est une blague, j’espère ! Moi, j’avais rien demandé sur mon île ! Vous êtes venu me faciliter le transite intestinale pour votre guerre de merde et maintenant vous venez encore m’énerver ? Vous savez quoi ? Débrouillez-vous sans moi ! »

Agamemnon m’a regardé, surpris. Il avait l’air vraiment gêné.

« Hum… Ouais, alors, Ulysse… euh… à ce propos… Tu connais Achille ? »

J’ai ricané, moqueur. Qui ne connaît pas Achille ? Sérieusement… Toi ? Tu connais pas Achille ? Merd-credi ! Euh… pour faire court, c'est un mec qui est un demi-dieu hyper classe et qui sait super bien se battre. Nan, mais il est vraiment méga balaise, si tu vois ce que je veux dire. Ah ! Et il est invincible aussi… (je pense que c’est bien de le préciser…).

« Un oracle a prédit quelque chose… » a évasivement dit Agam.

« Waouh ! Incroyable ! ai-je rétorqué. C’est le principe d’un oracle, mec…

— Oui mais celui-là a prédit que nous gagnerons la guerre de Troie à une condition…

— Bah, c’est cool pour vous, mais pourquoi tu me dis ça… »

Bon. Là. J’avoue qu’il a piqué ma curiosité… Pas vous ?

Cette histoire ne sera sans doute jamais terminée.
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